Trouble de la personnalité borderline
Première partie

Ce que Wikipédia en dit :

Le trouble de la personnalité borderline
(aussi appelé TPB, trouble de la personnalité limite, TPL) est un trouble de la personnalité désignant de nombreuses anomalies psychologiques caractérisé par une variabilité des émotions.
La caractéristique la plus importante de ce trouble est l’instabilité importante dans les relations interpersonnelles, dans l’image et l’identité de soi, dans les émotions et dans l’impulsivité.
Il est généralement détecté au-delà de dix-huit ans.

Le terme de « borderline » (en français : « cas-limite » ou « état-limite ») est issu des hypothèses psychanalytiques dans lesquelles le terme désigne un type frontière entre « l’organisation névrotique » et « l’organisation psychotique ». D’après cette théorie, il reposerait sur l’angoisse de perte d’objet et se traduirait par une insécurité interne constante et des attitudes de mise à l’épreuve de l’entourage incessantes. Une de ses modalités défensives est le passage à l’acte comme décharge de l’angoisse.

L’angoisse de perte d’objet
(Ou angoisse d’abandon) a été repérée par Sigmund Freud.
Selon lui, le nourrisson n’est pas en mesure de faire la différence entre absence temporaire ou perte durable de l’objet. René Spitz a été l’un des premiers à théoriser ce type d’angoisse, à partir de l’observation d’enfants ayant été séparés précocement de leur mère et qui développaient ce qu’il appelait une dépression anaclitique (c’est à dire une détresse chez l’enfant qui a déjà connu un lien d’attachement (entre 6 et 12 mois)).

Germaine Guex a repris cette question dans ses travaux sur ce qu’elle appelait d’abord la « névrose d’abandon » ou abandonnisme, qui est ensuite devenu le « syndrome d’abandon ».
Le terme permettrait de faire une distinction entre angoisse de castration et des « organisations » plus fragiles qu’on a parfois appelé les « caractériels », connus des éducateurs spécialisés qui s’en occupaient dans des institutions.

Enfants à la personnalité abandonnique
Ces enfants étaient réputés pour mettre sans cesse à l’épreuve la sollicitude et la bienveillance des adultes, par des attitudes provocatrices et agressives. Aujourd’hui, certains des enfants classifiés à tort d’hyperactifs, sont en fait des enfants qui vivent dans cette insécurité constante. La personne dite « abandonnique » serait dans une demande continue d’affection pour combler un manque originel (une séparation traumatisante du passé), mais en même temps elle serait également dans l’impossibilité de l’accepter, recréant alors les situations de rejet, tout en ne supportant pas la frustration qui en découle.

L’angoisse d’abandon
Dans la psychopathologie psychanalytique, notamment celle conceptualisée par Bergeret, l’angoisse d’abandon est à distinguer de celle de morcellement (càd : modalité de l’angoisse très précoce dans le fonctionnement psychique, présente dès les premiers mois de vie du bébé. L’angoisse de morcellement concerne l’identité et le maintien d’un moi différencié du non-moi et unifié.) et de celle de castration (càd : angoisse qui survient plus tardivement, au cours de la période dite œdipienne, et qui concerne l’angoisse d’avoir ou de perdre).

Elle serait l’angoisse centrale des personnalités dites « limites ».
L’attachement (au sens de John Bowlby) n’est pas sûr : le sentiment d’insécurité qui en découle est permanent.

Signes et symptômes
Le DSM-IV-TR (càd : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux/ Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) définit deux comportements principaux liés au trouble de la personnalité borderline :
– un comportement impulsif,
– et une instabilité émotionnelle (ainsi que dans les relations sociales et sur l’image de soi)

Il spécifie, en outre, 9 critères pour démontrer la présence de ces comportements.
N.B. : Certains spécialistes trouvent difficile le diagnostic du TPB avec le DSM-IV-TR, car cette condition mentale démontre une grande variété de comportements5. Pour résoudre ce problème, Marsha Linehan (en) regroupe les symptômes du TPB sous cinq catégories : émotions, comportement, relations interpersonnelles, image de soi, et cognition.

Diagnostic DSM-IV
Le trouble de la personnalité borderline est décrit comme « un schéma envahissant d’instabilité dans les relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects, également marqué par l’impulsivité commençant chez le jeune adulte et présent dans un grand nombre de contextes » (DSM-IV, axe 2).

Selon le DSM-IV, il faut au moins cinq des neuf critères présents pendant un laps de temps significatif :
1 – Efforts effrénés pour éviter un abandon réel ou imaginé ;
2 – Mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par l’alternance entre les positions extrêmes d’idéalisation excessive et de dévalorisation ;
3 – Perturbation de l’identité : instabilité marquée et persistante de l’image ou de la notion de soi ;
4 – Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (par exemple : dépenses excessives, sexualité, toxicomanie, alcoolisme, jeu pathologique, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie ou d’anorexie) ;
5 – Répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d’automutilations ;
6 – Instabilité affective due à une réactivité marquée de l’humeur (par exemple : dysphorie épisodique intense (càd:perturbation de l’humeur caractérisée par un sentiment déplaisant et dérangeant d’inconfort émotionnel ou mental, symptôme de la tristesse, de l’anxiété, de l’insatisfaction, de la tension, de l’irritabilité, ou de l’indifférence), irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours) ;
7 – Sentiments chroniques de vide ;
8 – Colères intenses (rage) et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère (par exemple : fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées, colère subite et exagérée) ;
9- Survenue transitoire dans des situations de stress d’une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères.

En somme, le trouble de personnalité limite est principalement caractérisé par :
– La peur du rejet et de l’abandon ;
– L’instabilité de l’humeur ;
– La difficulté à contrôler les pulsions, les actions, les réactions, les actes impulsifs souvent néfastes ;
– Les relations interpersonnelles instables ;
– Une difficulté avec l’intimité ;
– Une dissociation et une méfiance importante en présence de stress.

Approche phénoménologique (liée aux expériences vécues)
Il s’agit de gens, pour la plupart des femmes, qui ont grandi avec le sentiment de ne pas avoir reçu l’attention et l’appui qui leur reviennent. Ils en sont révoltés et ils cherchent des façons de compenser cela dans leurs relations. Ils ont des attentes élevées et, quand leurs besoins sont à nouveau abandonnés, ils y répondent avec de la colère et du désespoir.
(John Gunderson, psychiatre américain spécialiste dans la prise en charge des borderline).

Avoir une personnalité borderline n’est pas un drame en soi… car après avoir acquis une bonne conscience de ses vulnérabilités, les traits de personnalité d’hier générateurs de difficultés (trouble relationnel, chaos intense, sentiment de vide, rage, etc.) deviennent des générateurs de potentialités (intelligence émotionnelle, hypersensibilité, passion, authenticité, spontanéité, compassion, etc.).
(Pr Évens Villeneuve, chef du programme de traitement des troubles sévères de personnalité, Institut universitaire en santé mentale de Québec (CA)).

Souvent dans l’anamnèse (càd : dans les informations relatives au passé du patient recueillies par le psychologue), on retrouve une carence affective (exemple : absence du père), une maltraitance ou des abus sexuels (pédophilie, viols) mais ce point reste très discuté, notamment face au phénomène des faux souvenirs induits (càd : le fait d’induire, volontairement ou non, par le biais de techniques d’entretiens psycho-thérapeutiques, de faux souvenirs d’abus ou de maltraitances chez un patient) qui peuvent piéger le clinicien.

Les éléments suivants, installés à l’adolescence, et de façon prolongée, pourraient évoquer une personnalité borderline mais ceci reste à étayer, entre autres au sujet de la démarcation entre normal et pathologique :
– Sentiments de vide, d’ennui ;
– Sentiment d’être abandonné (peur irraisonnée de l’abandon) ;
– Dévalorisation ;
– Abus de substances (alcool, stupéfiants) ;
– Automutilations, conduites à risque (par exemple conduire en état d’ébriété, prostitution), tentatives de suicide ;
– Carence narcissique;
– Difficulté à identifier et à réguler ses émotions (alexithymie : difficultés dans l’expression verbale des émotions communément observées parmi les patients présentant des symptômes psychosomatiques; cyclothymie : trouble de l’humeur proche de la maniaco-dépression, au cours duquel les périodes euphoriques et les périodes dépressives et d’irritabilité se succèdent);
– Trouble du comportement alimentaire (anorexie, boulimie) ;
– Sexualité chaotique ;
– Insomnie chronique ;
– Tendance à la manipulation

Imagerie par résonance magnétique
La personnalité limite est difficile à vérifier par IRM pour deux raisons : peu de données ont été compilées à ce jour et le syndrome borderline est souvent diagnostiqué en comorbidité avec d’autres troubles identifiables par IRM.
Toutefois, on observe généralement une diminution du lobe frontal, de l’hippocampe et du complexe amygdalien.
Il peut être observé un dysfonctionnement de la sérotonine en ce qui a trait à l’impulsivité.
Une particularité est également un dysfonctionnement du métabolisme du glucose particulièrement dans le cortex frontal, mais aussi dans d’autres parties du cerveau

Comportement social et couple
Les relations humaines de la personne sont souvent très instables. Ceci est en rapport avec son image de lui-même troublée. Ainsi même des liens émotionnels intenses n’empêchent pas que la position vis-à-vis des membres de la famille, d’amis ou de partenaires soudainement tourne d’idéalisation (admiration et amour fort) en dépréciation.
Lorsque le patient croit être traité de façon injuste (que cela soit vrai ou non), il réagit souvent violemment et impulsivement, et ne trouve pas d’issue à son univers de reproches vis-à-vis de lui-même et des autres – ou même de haine de soi-même.
Beaucoup de gestes des autres sont interprétés faussement ou qualifiés comme hostiles par une sur-interprétation. Ils sont intensément analysés et examinés par rapport à leur contenu de « signaux ». La personne a des difficultés à interpréter justement le comportement des autres. Sa perception de l’autre est très changeante (« constance d’objet insuffisante »).

Il existe un rapport entre la peur d’être abandonné et la difficulté de se sentir émotionnellement lié à une personne-clé quand celle-ci est absente (« constance d’objet insuffisante »). Cela aboutit à un sentiment d’être abandonné et de n’avoir aucune valeur. Dans ces contextes, il peut y avoir des menaces de suicide ou des tentatives de suicide.

Diagnostic différentiel
La personnalité borderline est parfois associée à un trouble bipolaire. De brefs épisodes psychotiques (délires) sont possibles mais toujours de façon limitée dans le temps, parfois en rapport avec la consommation de substances toxiques. En aucun cas le trouble borderline n’est une schizophrénie. L’évolution naturelle de ce trouble de la personnalité est l’apparition de symptômes à l’adolescence, et leur régression vers l’âge de 40 ans. Tout l’enjeu de la prise en charge est d’accompagner ces années de « jeune adulte » le mieux possible.

 

Note
J’ai voulu, dans cet article, rassembler des informations sur un trouble relativement méconnu dont les médias donnent parfois une image… Embrouillée.
En me penchant sur l’article Wikipédia, je me suis rendue compte que c’était encore pire.
(Lolilol)
Pas que l’article soit mauvais ou mal fait mais… Si tu n’as pas de BAC psy, je te souhaite bon courage !
Ajoute à ça une foultitude de liens qui te renvoient à d’autres liens qui te renvoient à…
BREF
Un article intéressant que je comptais synthétiser, remettre en forme et rendre un peu plus accessible au commun des mortels non psychologues ici-même (en faisant pour vous le travail de sauter de lien à lien).
En plus de cela, j’apprends même à glisser des balises couleurs !
[Geek inside me]
L’article original se trouve ici
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_de_la_personnalité_borderline)