L’amour ne passera jamais…

Résilience :
Du verbe latin resilio, ire, littéralement « sauter en arrière », d’où « rebondir, résister » (au choc, à la déformation).
Phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un évènement douloureux, à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression, la peine ou l’attente et de se reconstruire.

4 ans de mariage à notre compteur, et pourtant, nous ne sommes pas vraiment de « jeunes mariés ».
Cela fait maintenant 11 ans qu’on se pratique.
Parfois intensivement.
Parfois en coup de vent.
Et il faut bien dire que, cette année n’aura pas vraiment été notre meilleur cru.
Deux adorables bébés, deux carrières passionnantes, de nouveaux hobby’s… Après de nombreuses années passées presque l’un sur l’autre, que reste-t-il de nous ?
Du Nous avec un grand « N » qui échafaudait mille et un plan plans pour ne jamais avoir à se quitter…
Du Nous qui a supporté presque un an de mini séjours et de longs trajets en train…
Du Nous qui a passé des mois à concevoir une liste de naissance parfaites pour « être prêts »…

Certes,
On est resté Toi et Moi.
Et bien sûr que j’étais fière de ton succès !
Et bien sûr que tu as admiré la manière dont je me suis occupée de notre progéniture !
On est pas de ceux qui font voler la vaisselle ou qui hurlent au scandale.
Mais petit à petit, les instants privilégiés se sont fait un peu plus rares..
Ça arrive !
On a fait l’erreur de croire que c’était pas grave et que le temps tasserait tout.
On se pratique. On se connaît. On s’aime.
Et pourtant.
Les jours sont devenus des semaines et les mois ont finis par être trop longs, eux aussi.

 

Un jour, j’ai oublié que je t’aimais.
Pourquoi ?
Par ennui, sûrement, par vengeance, un peu.
Par peur peut-être ?

L’espace d’un moment, j’avoue,
J’ai aimé avoir 16 ans de nouveau.
Oublier que j’étais une maman avec la responsabilité de deux amours sur les épaules.
Apprécié être à nouveau au centre de l’attention de quelqu’un, avant le boulot, avant les petits, même si c’était un cruel mensonge.
Une vision à court terme de ce qui pouvait me sauver d’une situation où je m’enlisais…
J’ai oublié qu’on jouait en équipe… Je n’ai pensé qu’à moi.
Retour à la réalité
And it’s hard to hold a candle
In the cold November rain
Sous ce qui ne devait être qu’un petit jeu divertissant se profile une grosse bêtise.
Il est temps d’arrêter les frais.

Je pense qu’il y a des gens qui se taisent et se terrent dans la honte et le remord.
C’est une erreur.
Nous, on s’est toujours parlé de tout et de rien (d’ailleurs, c’est peut-être le secret des amours qui perdurent, la transparence), toujours parlé pour le meilleur, on avait pas encore eu le pire.
Ça semblait être une parfaite occasion.
Ce que j’en retiens ?
C’est que, même après plus de dix ans passés en ta compagnie, tu n’en finis pas de me surprendre.
J’avais imaginé 10.000 scénarios et tu me joues le plus incongru.

Empêche-moi de m’éteindre, je t’empêcherai de te brûler, pour rien, aux feux des pilleurs d’épaves.
Eric – 18 décembre 2010

Je n’arrive pas à croire que c’est toi qui me console encore.

 

Je crois que tu me pardonnes mieux que je ne me pardonne moi-même.
Ok
Il « N‘ » était « QUE » bêtise moins une.
Je pourrais m’en féliciter et passer à autre chose.
Sauf que non.

Dans toute cette histoire, le problème n’est pas tant
– dans le couple
(on va bien, on vous remercie)
– de son côté
(je ne pouvais rien lui reprocher avant, et je ne trouve toujours pas)
– dans l’Amour
(puisque le problème n’a jamais été là)
DONC
le problème doit être moi.

Et Moi, ça englobe beaucoup de choses…
Mon rapport à la solitude et à l’abandon; l’image mi-figue, mi-raisin, que je me renvoie en tant que maman au foyer; l’amertume liée à ma pause carrière; ma faiblesse face aux flatteries; la vanité qui fait de moi une « proie relativement facile »; mes arrangements personnels avec la vérité; …

BREF

J’en tire, non pas une leçon de couple, mais une leçon sur moi.

 

Du recul

Je reste consciente de ma chance, néanmoins.
Et, encore une fois, on ne peut pas dire que je m’en sois sortie grâce à mes propres moyens.
Évidemment, mon cher et tendre y est pour beaucoup.
Je ne sais pas d’où il tire ces trésors de patience et de compréhension, mais, moi, je devais être partie cueillir des fleurs pendant la distribution de ces dons.
Il y a aussi les amis.
Je suis tellement, tellement, tellement désolée de ne pas vous avoir écoutés plus tôt.
Ce qui rajoute à ma peine, c’est que tout le monde a eu l’air de savoir que toute cette histoire sentait le moisi bien avant moi…
J’ai beaucoup à me faire pardonner vis à vis de certains.
Je vous assure que je ne me pardonnerai pas facilement non plus.

 

… Et de la résilience
Et j’en reviens donc au début de ce propos.
Un jour, cet évènement ne sera plus d’actualité.
On n’en parlera plus les sourcils froncés ou un sourire moqueur aux lèvres.
On n’évitera pas le sujet non plus.
En fait, il ne méritera pas de traitement particulier.
Ça sera juste « un truc qui s’est passé à un moment ».
Une expérience, un peu déplaisante, qui a sû jeter les bases d’une nouvelle forme de communication, d’une relation nouvelle, un peu plus attentionnée peut-être.
Peut-être même qu’on verra ça comme « un mal pour un bien ».

Sois en sûr, pourtant, même si je semble parfois l’oublier,
je t’aime.
On est une team.
L’amour ne passera jamais.

Et c’est ma bonne résolution pour 2015.

L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L’amour ne passera jamais.

2014-12-25 14.05.34

Prends ma main. Ne la lâche pas. Je ferai pour toi des bouquets de soleil. J’allumerai des feux de joie, là ou chacun ne voyait plus que cendres. Céline – 18 décembre 2010

 

3 thoughts on “L’amour ne passera jamais…

  1. JLB

    Que n’ais-je ton talent ! Si je les avais dites ou écrites, ces paroles, peut être serais-je moins seul. Mais, c’est comme çà. La vie est comme la mer, elle monte et se retire régulièrement. Tantôt avec force, tantôt avec abandon. A nous, de saisir le vent quand il se lève. Pour aller loin vers de nouveaux horizons. Pourvu qu’il ne nous rejette pas sur la plage sans avoir pu avancer.

  2. JLB

    Que n’ais-je ton talent ! Si j’avais pu dire, écrire les mots qu’il fallait, peut être serais-je moins seul ce soir. La vie est faite de gestes manqués, de phrases jamais prononcées. Il faut continuer, bien malgré tout, à vivre et à assumer ce qu’on a brisé en essayant de réparer. Mais la vie nous emporte rapidement. Comme le vent souffle sur le voilier. Si nous prenons le bon cap, nous irons loin sinon il nous rejettera sur la grève. Je crois que vous avez pris la bonne direction. Le récif a été difficile à éviter mais vous êtes passé juste à côté. C’est ce qu’il fallait.

  3. […] vous parlais de résilience, il y a peu, et j’ai eu ÉNORMÉMENT de commentaires suite à ce billet. – […]

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